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CLÉMATITE A GRANDES ET BELLES FLEURS. CLEMATIS FLORIDA.
Polyandrie-Polygynie. Famille des Renonculacées.
CARACTÈRE GÉNÉRIQUE.
Calyx nullus aut involucrum calyciforme sub flore. Sepala 4-8 colorata. Petala nulla, aut sepalis breviora. Stamina hypogyna, hibera plurima , brevissima antheræ linearis extrorsæ. Ovaria supera, plurima; stylis vellosis. Semina totidem, desinentia in cœudam pilosam.
CARACTÈRES SPÉCIFIQUES ET SYNONYMIE.
CLEMATIS foliis biternatis et subtriternatis ; foliolis ovatis , glabris ; foliolis calycinis 6, ovatis.
CLEMATIS florida. Thunb. Fl. Jap. 240. — Lam. Dict. Encyc. 2.p. 45.— Willd. Spec. 2. p. 1287. — Bot. Mag. n. et t. 834. — De Cand. Regn. veget. 1.160.— Id. Prodr. Syst. nat. 1.8.— Andr. Bot. rep. 402. — Jacq. Hort. Schœn. 3. 57. t. 357. — Ait. Hort. Kew. 2. 258,— Id. ed. 2. 343, — Mill. Dict. 8.— Dum.-Cours. Bot. cultiv. ed. 2. 4. 422, —Spreng. Syst. veget. 2. 666.
ANEMONE vel anemonoides, Houtt. Pflanz. 7. 280. t. 55. f. 1.
ATRAGENE Indica. Desf. Tabl. par. ed. 1. 123. — In. ed. 2. 145. — Loisel. Herb. génér. 467.
Le nom Clématite, dérivé de xypa, sarment ou branche de vigne, désigne des arbustes dont les tiges et les rameaux s'entrelacant et s’accrochant à tous les corps qu'ils trouvent sur l'étendue de leur croissance, ont, en cela, des
rapports d'analogie avec les pampres de vigne. Au temps où Linné a limité les caractères du genre, on pouvait bien n’y voir que des espèces sarmenteuses; mais depuis, d’autres plantes qui n'offrent pas les mêmes dispositions ni la même flexibilité dans leurs tiges, ont dû, par des rapprochemens moins équivoques encore, être réunies aux véritables clématites, c'est-à-dire, à celles de ces plantes dont le nom dit véritablement la propriété de s’entortiller et de s'attacher. On sent, d’après cela, combien il est peu avantageux et même inconvenant d'exprimer dans un nom de genre, des facultés appartenantes à une ou plusieurs espèces et qui peuvent n'être point partagées par toutes ; malheureusement c'est un reproche qu'en botanique, on peut faire à beaucoup de noms génériques qu’un système poussé trop loin, a rendus trop exclusivement significatifs. Le genre Clématite est composé d'espèces qui, quoiqu’ayant des affinités tellement prononcées qu'elles ne peuvent cesser de faire partie d'un seul et même groupe, offrent cependant assez de diversité dans leur organisation pour former plusieurs sections. M. De Candolle en admet quatre, dans lesquelles il distribue les quatre-vingt-six espèces de Clématites qu'il décrit dans son Prodrome du règne végétal. À la quatrième de ces sections appartient la Clématite à grandes et belles fleurs. Plusieurs botanistes ont été plus loin que le professeur De Candolle, ds ont érigé en genres les coupes qu'il a faites dans les Clématites, et c’est ainsi que notre espèce, avant d'être bien connue, a été publiée sous le nom d'Atragene indica. Cette dernière manière de voir n’est point celle de M. De Candolle. II fait observer que les caractères des sections sont combinés de telle sorte qu'ils enchatnent ces sections et empêchent que leur distinction soit bien tranchée.
Nous croyons à propos de développer ici les caractères des quatre sections, tels que M. De Candolle les a établis au genre Clématite, dans son Systema naturale regni vegetabilis, tome premier, page 132 et suivantes. La première, qu'ilnomme Flammula, n’a niinvolucre ni pétales; ses caryopses sont terminées par des queues barbues et plumeuses, l'estivation du calice est valvaire, tandis qu'elle est plus ou moins induplicative dans les autres sections. Elle comprend plus des quatre cinquièmes de la totalité des espèces du genre, et toutes habitent plus particulièrement les plaines que les autres Clématites. La seconde section qui porte le nom de Viticella n’a, de même que la précédente, point d'involucre ni de corolle; mais elle s'en distingue par la brièveté des queues qui terminent les caryopses et par leur surface glabre ou simplement pubescente; on en compte quatre espèces qui se plaisent dans les collines et les lieux boisés et humides. Dans la troisième section, surnommée Cheiropsis, on observé un involucre caliciforme, situé au sommet du pédicelle et
formé par l'intime réunion de deux bractées. L'estivation des sépales est presque induplicative. Il n'y a point de corolle, et les caryopses sont prolongées en queues barbues. Cinq espèces constituent cette section ; elles sont indigènes des pays montueux et chauds de l'Europe méridionale et des Indes orientales. Enfin la quatrième section, à laquelle M. De Candolle conserve le nom d'atragène, que Linné lui avait imposé lorsqu'il la considérait comme un genre particulier, se reconnaît aux caractères suivans : involucre nul; quatre sépales dont l'estivation est induplicative; un grand nombre de pétales planes et de la moitié plus petits que les sépales; caryopses terminées par des queues barbues. Les atragènes ont des tiges sarmenteuses et grimpantes, des feuilles en faisceaux et divisées en segmens tridentés, des pédoncules uniflores quinaissent en même temps que les feuilles. Il n’y en a encore que quatre espèces décrites; elles habitent les montagnes pierreuses et froides de l'Europe, de la Sibérie et de l'Amérique septentrionale. Les diverses parties des Clématites en général, et surtout leur substance herbacée lorsqu'elle est verte, appliquées sur la peau sont des rubéfians et même des vésicatoires assez actifs. Tout le monde connaît l'usage que font certains mendians de l'écorce de la Clématite des haies, C. vitalba, dite herbe aux gueux, pour exciter promptement sur les diverses parties du corps, où on l'applique, des espèces d'ulcères qui ne sont dangereux qu’en apparence; mais ces propriétés vésicantes ou corrosives des Clématites s'évanouissent par la dessication du végétal ou sa coction dans l’eau.
En donnant à notre Clématite le nom d'atragène des Indes on commettrait encore une autre erreur, car cette plante ne croît pas naturellement dans l'Inde ; elle n'y est que cultivée dans les jardins : c’est du Japon qu'elle est véritablement originaire. On la connaît en Europe depuis 1776, qu'elle y fut apportée par le docteur John Foterville. Elle fleurit en juin, juillet et août.
Sa tige se divise presque dès sa base, en plusieurs branches sarmenteuses , striées, glabres, grimpantes. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, biternées ou presque triternées , à folioles ovales ou ovales-lancéolées , glabres, ordinairement entières, plus rarement munies de quelques dents ; leur pétiole s’entortille autour des branches des autres arbrisseaux ou arbres qui sont dans le voisinage de la plante, et celle-ci peut ainsi s'élever à une grande hauteur. Les fleurs sont larges de deux pouces et demi ou environ, blanchâtres, portées sur de longs pédoncules axillaires, et chargés dans leur milieu de deux folioles opposées, entières, ou quelquefois trilobées. Le calice est formé de six grandes folioles ovales, acuminées, blanchâtres et pétaliformes. La corolle, dans les fleurs simples, paraît être composée de douze à vingt pétales, et les étamines sont très-nombreuses ; mais dans les fleurs doubles, les seules que nous ayons vues, toutes les étamines et même tous les styles sont changés en une multitude de pétales ovales-oblongs, acuminés à leur sommet, rétrécis en coin à leur base; et même dans le cœur de la fleur on ne retrouve pas d'autre trace des organes de la génération.
Lorsque cette Clématite est arrivée en Europe, on lui donna la température de la serre chaude ; mais soit que naturellement elle n’exige pas autant de chaleur ou que déjà elle se soit un peu accoutumée à notre climat , il est de fait que maintenant on se contente , à l'approche de l'hiver, de la rentrer dans l'orangerie. On la plante en pot et dans une terre franche et substantielle. On la multiplie de marcottes que l'on faitordinairement au printemps, lorsque la sève se met en mouvement; on peut également la propager de boutures étouffées; mais ce moyen n’est point aussi sûr que le marcottage ou la séparation des rejetons, à l'automne.
EXPLICATION DE LA PLANCHE.
Elle représente un fragment de rameau, garni d’une fleur et d’un bouton.