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(1818) Page(s) 127-134. Roses de Provins. Propriétés et vertus qui les distinguent de celles cultivées ailleurs sous le même nom; avec La Refutation d'une Notice de M. Parmentier contre ces Roses. Les roses rouges, connues sous le nom de Roses de Provins, Rosa rubra simplex, Tournef...., Rosa gallica, Linn....., indépendamment de leur odeur qui les fait rechercher des parfumeurs, possèdent des vertus précieuses à la médecine. Les grands avantages qu'elle en sait tirer devroient rendre moins indifferent sur le choix de ce médicament, puisque c'est de là que dépend sa grande efficacité. Nous avons d'autant plus de raison et de facilité de nous procurer ces fleurs dans leur plus grand degré de perfection, qu'elles sont particulières à la France, et qu'elles sont une branche de commerce avec l'étranger. C'est donc prendre en main la cause de l'humanité; c'est entrer dans nos véritables intérêts, que d'apporter tous nos soins à encourager, à diriger la culture de ces rosiers; à choisir le terrain qui leur est le plus favorable; a faire connoître les insectes qui les attaquent, ainsi que leurs fleurs; à indiquer le moment le plus propre pour cueillir ces fleurs, et les précautions qu'exigent leur dessication et leur conservation; enfin à chercher les meilleurs moyens de préparer les médicamens dont ces roses sont la base. Nous n'approfondirons pas également ici tous ces, questions, parce que ce n'est pas un traité complet de ces fleurs dont il s'agit. Le premier pas qu'on ait à faire, dans ces recherches intéressantes, c'est d'examiner, parmi ces fleurs, l'espèce qui possède le plus de vertus, et à la culture de.laquelle on doit particulièrement s'appliquer. Le nom de Roses de Provins, que ces roses ont toujours porté, et qui est encore la seule dénomination sous laquelle on connoît toutes celles qui sont dans le commerce, indique assez que Provins a toujours donné les roses les plus, estimées, et que toutes en sont originaires. Cette espèce de roses, qui croît depuis huit siècles aux environs de Provins, à été célèbre de tous temps. Ce sont, au rapport de nos anciens naturalistes, ces mêmes roses qui étoient si connues à Rome sous le nom de Roses milésiennes. En effet, la définition que Pline nous en donne convient absolument aux roses de Provins. Les roses milésiennes, dit-il, tirent leur nom et leur origine de la ville de Milet, dans l'Asie mineure. Ces roses sont plus hautes en couleur; elles sont plus simples, et leurs pétales, moins nombreuses, sont plus larges. Ce qui confirme ce que nous venons de dire de l'origine de nos roses, c'est que l'on sait, et M. Parmentier le dit aussi dans sa notice, que ce fut Thibaut, comte de Brie et de Champagne, lequel avoit son château et sa demeure à Provins, qui, de retour d'une croisade, rapporta de la Syrie à Provins du plant de cette espèce de rosier (1) ; or, la Syrie faisoit partie de l'Asie mineure ou était la ville de Milet. Nous avons donc les vraies roses milésiennes. Il est très-probable aussi que nos roses étaient même connues dans des temps plus reculés; car ce ne peut être que de cette espèce de rose dont Homère a vanté les vertus, puisque la ville de Milet étoit peu éloignée de la fameuse Troie. C'étoit aussi le sentiment de Pline, à trojanis temporibus, Homero teste; mais comme l'antiquité d'origine n'est pas parmi; les végétaux une tire de recommandation, nous allons examiner, sans partialité, si l'espèce qu'on cultive depuis si longtemps anux environs de Provins mérite, par des avantages plus solides, la rêputation et la préférence qu'elles avoient du temps de Pline et d'Homère. Les vraies roses de Provins, sèchese sont remarquer par une odeur plus suave, plus pénétrante et plus expansive que les autres roses rouges de la même espèce que l'on cultive ailleurs, surtout à Fontenay, petit village près Paris, et qu'on fait passer sous le nom de Roses de Provins. Au lieu d'être, comme ces dernières, d'un rouge clair et vif, celles de Provins sont d'une colueur foncée, d'un rouge plus obscur, et quand elles sont fraîches, d'un velouté plus doux. Les rosés de Paris sechés conservent leur état de sécheresse, celles de Provins restent pluà souples à la main; elles attirent plus l'humidité de l'air; leur couleur àussi se soutient moins long-temps quee celles de Paris; ce qu'il faut attribuer a un peu d'acide développé que contiennent ces dernières, comme on le verra, lorsque nous parlerons de l'analyse comparée de ces diffférentes fleurs. La' saveur de celles de Provins et plus onctueuse; ce qu'on remarque surtout en comparant les conserves de ces deux espèces de roses. Les roses de Provins, à deux epoques, donne des odeurs différeintes; ce que je ne vois pas qu'on ait remarqué sur celles cultivées ailIeurs. Nos roses, lorsqu'elles sont fraiches et sortant du champ, ont une odeur douce, agréable et comme vineuse; elle, n'est sensible que quand on les flaire de près. Cependant cette odeur porté à la tête, lorsqu'elles sont amoncelées dans un lieu peu spacieux, et quand on les effeuille dans un endroit fermé. Les doigts qui serrent leur calice, pour en séparer les pétales, se couvrent d'une matière brune gomme-résineuse. Lorsque ces fleurs sont' effeuillées, on les étend sur des draps. d'abord à l'ombre. Pendant ces premiers temps, elles n'ont plus d'odeur; mais, après leur dessication que l'on hâte en les exposant au soleil, elles acquièrent ce parfum qui leur est propre et, qui se communique aux sacs et aux endroits où elles sont resserrées. Nos roses se distinguent donc de celles de Paris; à la vue, au goût, au tact et à l'odorat. La médecine y trouve un remède beaucoup pîus efficace; et l'analyse chimique, comme on le verra, en obtient des résultats et des produits plus purs, plus distingués et d'une nature très-différente.
(1) Voyez le post-scriptum, page 178.
(1818) Page(s) 134-139. Rose de Provins (Cont.'d) Quoiqu'il soit aisé de se convaincre de la fidélité de ce que nous venons de rapporter cependant, pour que ceux qui ne sont pas à portée de faire ces observations ne soupçonnent pas que nous ayons cherché à exagérer, aux dépens de la vérité, le mérite de nos roses, nous en rapporterons d'abord pour preuve ce qu'en dit Pomet, dans son histoire générale des drogues simples et composées, ouvrage d'autant plus précieux et digne de confiance; il est le fruit d'une longue expérience , et qu'il est du petit nombre de ces livres originaux sur lesquels ont été calqués tous ce qui ont-paru depuis sur la même matière : «Les roses dé Provins, dit ce naturaliste surpassent en beauté et en bonté toutes celles qui viennent des autres endroits..; elles ont plus d'odeur et la conservent plus long-temps que les autres. La plupart des épiciers, apothicaires et autres personnes qui vendent et emploient les roses de Provins, se contentent assez mal à propos de nos roses rouges, soit de celles qui se cultivent autour de Paris, soit de celles qui nous viennent d'ailleurs. Néanmoins ceux qui font cette substitution n'en ont pas plus de raison, tant parce que celles des autres endroits n'approchent ni en beauté ni en qualité des véritables rosés de Provins (1) ; Les vraies roses de Provins, ajoute-t-il, -sont si estimées aux Indes, qu'il est des temps où elles se vendent au poids de l'or, et qu'il leur,en faut à-quelque prix que ce soit.» Si Pomet se plaignoit que-de son temps on avoit introduit et substitué d'autres roses aux véritables roses de Provins, que n'auroit-il pas dit s'il eût vu lés rosés de Paris non-seulement usurper la place des véritables, mais même ruiner entièrement leur.commerce? La culture a toujours diminué, et est enfin tombée a cet état de langueur où elle est aujourd'hui mais:soit que le plant des rosiers.de Paris ou d'ailleurs soit d'une espèce un peu différente, soit que ce soit du plant qu'on aura tiré de Provins, toujours est-il démontré, par l'expérience et par l'analyse que nous en donnerons, que ces roses n'ont pas la même qualité que telles de Provins, ou qu'elles n'ont pas conservé toutes leurs vertus dans un terrain autre que celui de leur pays natal; enfin qu'elles se sont dénaturées jusqu'à un certain point. J'ajouterai les réflexions suivantes : Nos roses rouges sont les premières qui parurent en Europe; et c'ést à Provins que le plant en fut apporté: ce plant aura été demandé et envié, et on l'aura d'abord cultivé aux environs de Paris, à Fontenay, ensuite dans quelques autres parties de la France; enfin en aura transporté hors de la France pour l'agrément et l'ornement des jardins : d'où il est arrivé que les étrangers et le célèbre botaniste Linnée l'auront appelée Rosa gallica, la Rose de France, et les François, la Rose de Provins. D'après les qualités qui distinguent celles cultivées à Provins de toutes les autres de même espèce cultivées ailleurs, comme leur odeur, etc.', voyez leur analyse, page 161, je serois disposé à croire que c'est dans le terrain de Provins qu'elles ont acquis cette supériorité et ces qualités particulières qui les distinguent, et que même elles n'avoient pas dans le pays d'où elles sont -originaires; ce, qui me le féroit croire c'est que ces roses viennient d'Asie, et que Pomet nous a dit que, de son temps, on envoyoit beaucoup de ces roses en Asie, oùt les vraies roses de Provins étoient extrêmement recherchées, etc. Le plant de ces rosiers auroit donc acquis à Provins, et dégénéreroit dans tous autres terrains. Il est a remarquer aussi que le plant de cette espèce de rosier est plus susceptible de s'altérer; je vais en donner la preuve. J'ai vu à Paris, il y a quelques années, chez un grand amateur de rosiers, M. Dupont, faubourg Saint-Denis, sans doute la plus belle collection qui ait jamais été faite de ces arbustes : on en comptoit trois cents espèces différentes. Cette nombreuse collection a été vendue depuis et elle a même été annoncée dans quelques journaux. Ce Monsieur m'a dit que, de toutes les espèces de rosiers, celle du rosier de Provins est la plus changeante, et celle dont il avoit plus de variétes. Comme il savoit que je cultive à Provins ces rosiers en grand, il m'a engagé à faire des observations, m'assurant qu'il s'y formeroit des espèces particulières, qui ensuite se perpétueroient. Je n'ai ob- servé rien de semblable. Il paroît donc que la race primitive de ces rosiers serpit à Provins, où, par la nature du terrain et peut-être aussi par des influences atmosphériques, elle se conserveroit dans toute sa pureté et n'éprouveroit pas d'altération. Il ne seroit alors pas étonnant qu'ailleurs on remarquât à ce rosier des changemens dans son port et dans ses propriétés chimiques et médicinales, d'où s'ensuivroient des espèces particulières, étant, comme on a vu, beaucoup plus susceptible qu'aucun autre rosier de former des variétés.
(1) Ce qui se trouve exprimé dans ce distique anciennement connu: Flos provinensis superat virtubitus omnes Mille levant morbos sacchara mixta rosis. Les autres naturalistes pensent de même que Pomet. Lemery, dans son Dictionnaire des Drogues, dît que "les roses de Provins sont les plus belles et les plus estimées."
(1818) Page(s) 139-146. Rose de Provins (Cont.'d) A l'appui de cette opinion je rapporterai une expérience curieuse. Voici ce qu'on lit dans le compte rendu des travaux de là Société royale d'agriculture, d'histoire naturelle; et des arts, dé Lyon, année 1814 « M. Madiot, directeur de la pépinière du département du Rhône à.Lyon, a obtenu, en semant des roses de Provins, un rosier sans épines, a fleurs doubles. Il multiplie ce bel arbuste par la greffe, la bouture et les marcottes. » Qu'il me soit permis de former quelques conjectures et de chercher si, indépendamment, de plusieurs autres causes dont là nature se réserve le secret, on ne trouverait pas, dans la disposition du terrain des environs de Provins, quelques raisons sensibles auxquelles on pourroit rapporter les vertus particulières que l'on reconnoit dans les roses qui y croissent. La ville de Provins n'est pas moins renommée par ses eaux minérales que par ses roses. Ces eaux minérales, voyez le traité de ces eaux, 1816, se rencontrent en beaucoup d'endroits, dans les environs de Provins. Les terres qui entourent cette ville sont des terres fortes, participant toutes du plus au moins d'oxides de fer. Ce qu'ily a de remarquable, c'est que les roses de Provins ont des propriétés analogues à nos eaux minérales. Ces roses sont employées pour fortifier l'estomac, pour donner en général plus de ressort a la fibre, pour augmenter les oscillations, et par là lever les embarras qui gênent la circulation des fluides. Appliquées extérieurement, elles fortifient les membres relâchés, et sont un puissant résolutif: or, toutes ces qualités sont celles que possèdent nos eaux minérales, et en général les préparations de fer. La belle couleur rouge-intense, dé ces roses est due probablement à l'action des sucs martiaux, et peut-être à. un air ambiant imprégné de ces vapeurs minérales. On sait que le fer extrêmement divisé et oxidé au maximum produit des couleurs rouges : il peut donc augmenter l'intensité de cette couleur dans nos roses. Voyez notre théorie des couleurs. Non-seulement le territoire de la ville de Provins donne les meilleures roses à la médecine, mais les préparations de ces roses faites dans cette même ville ont toujours été les plus estimées. Ces préparations consistent principalement en conserves sèches et liquides. Nous ne Saurions mieux faire, pour prouver cette vérité à ceux qui peuvent l'ignorer, que de rapporter les propres paroles du savant naturaliste déjà cité. « Outre la grande quantité de roses de Provins, dit Pomet, qu'on » tiré de cette ville, on en fait venir les conserves sèches et liquides, et même quelquefois le sirop, étant les lieux où des sortes de compositions se font le mieux; et qui que ce soit ne doute que ces conserves et sirops ne soient beaucoup plus parfaits que ceux qui se pourroient faire dans d'autres endroits, et avec d'autres roses. » Ce qui contribue a donner aux conserves de Provins, surtout à la conserve liquide, des propriétés supérieures, c'est la manière de la faire dont on se sert à Provins, et qui est de beaucoup préférable à toutes autres. Voici comment on prépare cette conserve:t On prend des boutons de roses sortant du champ; on en sépare l'onglet; ensuite on les broie à froid par un mouvement circulaire et à force de bras, dans un grand mortier de pierre, avec une molette de bois emmanchée dans un long bâton, dont l'extrémité supérieure entre a l'aise dans le trou d'une planche fixée au plancher près le plafond. Lorsqu'en serrant la molette sur les parois du mortier, pendant un assez long temps, on a réduit les roses en pulpe, alors on ajoute une suffisante quantité de sucre passé au tamis de crin, et on continue le mouvement circulaire pendant un certain temps, et jusqu'à ce que la mixtion soit bien exacte. La dose du sucre est le double du poids des roses employées. Cette conserve, comme on voit, ne doit rien à l'art : c'est la rose sortant des mains dé la nature, et à laquelle on a incorporé du sucre uniquement pour sa conservation. On mâche la rose pure, et l'impression qu'elle laisse dans la bouche, est douce, onctueuse, astringente et d'une amertume agréable. Les autres manières de préparer la comserve des roses ont leurs imperfections ; mais celle que prescrit la pharmacopée de Paris est la plus défectueuse. C'est une manipulation compliquée , dans laquelle le suc exprimé des roses est soumis à une longue ebullition qui doit en altérer les principes. Pour en connoître tous les inconvéniens, ainsi que quelques autres détails sur nos roses, nous renvoyons au Journal de Physique, année 177. où nous avons fait insérer une dissertation sur ces roses. La couleur de la conservé liquide de Provins, nouvellement faite, est lie de vin foncée; elle brunit ensuite. C'est une mal-adresse que de lui donner une couleur rouge; parce qu'on ne peut lui concilier cette couleur , qui lui est étrangère, que parle moyen d'un acide minéral; ce qui altère cette conserve, lui ôte de ses qualités, et lui en donne de nuisibles. La conserve de roses sèches est du sucre cuit à la plume , dans lequel on mêle rapidement des roses en poudre, qu'on a fait macérer dans une quantité d'eau. Les doses sont trois onces de poudre de roses étendue dans six onces d'eau pour six livres de sucre. Comme là conserve sèche est moins médicinale, et qu'on cherche plus à flatter l'oeil et le goût, on lui donne une couleur rouge par le moyen d'un acide. Il est à remarquer que les roses de Paris ne donnent pas une conserve sèche d'une belle couleur rougé : nous en dirons plus bas la raison. Les pharmaciens de Provins ne se contentent pas de préparer la conserve des roses sèches: pour l'agrément et la variété, ils ont de tout temps fait des conserves de différentes couleurs et de différens goûts, comme conserves de violettes, de fleurs d'orange, qu'ils vendent et mêlent dans des boîtes avec la conserve rouge de roses. D'après tout ce que nous avons dit jusqu'ici sur les propriétés particulières de nos roses, qui croiroit qu'un savant distingué a nié l'évidence, et écrit contre ces roses? c'est ce qu'on va voir dans là réfutation suivante que nous avons faite de cet écrit, et qui est annoncée dans le titre.
(1818) Page(s) 147, 161-168. Refutation de la Notice de M. Parmentier, de l'Académie des Sciences, etc., contre les Roses de Provins, imprimée dans les Annales de Chimie, Décembre 1807. [Refutation of the Notice of M. Parmentier, of the Academy of Sciences, againt the Roses of Provins, prined in the Annals de Chimie, December 1807 - The cultivation of Roses in Provins was apparently under heavy competition early 19th century by growers in Fontenay near Paris. Parmentier expressed preference for the Parisian roses and Opoix, as a grower from Paris pens his refutation]
....je vais y opposer l'analyse comparative de nos roses et de celles de Paris, par M, Cadet-Gassicourt, l'un des rédacteurs du Journal de Pharmacie et chimiste très-distingué. Voici.l'extrait de sa lettre de janvier 1804, dont il m'a permis de faire usage : "J'ai fait, comme vous l'avez désiré, une analyse comparée des roses de Provins et de celles de Paris, même variété, Rosa rubra simplex, Tournef..., Rosa gallica, Linn... Les roses que vous m'avez envoyées avoient une odeur plus suave, un arôme plus fin que celles de Paris. Pour épuiser le principe colorant dans l'eau, j'ai fait bouillir une once de roses de Provins et autant de roses de Paris dans une égale quantité d'eau saturée; je l'ai renouvelée, et j'ai continué l'ébullition jusqu'à ce que le liquide restât incolore..La décoction de celles de Paris a rougi un peu plus fortement le papier bleu. J'ai filtré ces deux décoctions : celle dé Provins est restée transparente, et celle de Paris s'est troubléé... J'ai pris une égalé quantité de ces deux liqueurs; j'y ai ajouté un poids égal de sulfate d'alumine, et j'ai précipité par la potasse. Les précipites avoient le même poids ; mais celui formé dans la liqueur des rosés de Paris étoit d'un vert-jaunâtre et terreux, tandis que celui obtenu dans la décoction des roses de Provins étoit d'un vert-pomme superbe. La beauté dé cette couleur, qui n'a point changé par la dessication, me fait croire qu'on pourroit l'employer avec avantage dans la peinture à la collé, et à former des laques vertes. Pour apprécier le principe astringent des roses j'ai mêlé séparément les deux, décoctions avec une solution de gélatine : il ne s'en est opéré aucun changement; ce qui prouve que les roses ne contiennent pas de tannin. J'ai précipité les liqueurs par le sulfate de fer. J'ai obtenu un précipité noir assez abondant. Le principe astringent paroît donc être l'acide gallique. J'ai traité parl'alcohol un gros et demi de roses de Paris et de roses de Provins : la couleur des roses de Provins étoit d'un rouge vif; elle s'est troublée, et est devenue laiteuse par l'addition de l'eau. La teinture des roses de Paris offrait une nuance moins foncée; l'eau ne l'a troublée que très-légèrement." Il es* bon de faire quelques observations; sur l'analyse comparée de M. Cadet : 1° Elle a été faite suivant la date de sa lettre, en janvier 1804, c'est-à-dire, quatre ans avant la notice de M. Parmentier contre nos roses; par conséquent ceux qui ne connoissent pas la probité et la délicatesse de M. Cadet, ne peuvent soupçonner que cette analyse ait été faite postérieurement à la notice, en récrimination et à dessein de détruire lés impressions données sur nos rosés par M. Parmentier; 2o L'observation de M. Cadet que nos roses ont une odeur plus suave et d'un arôme plus fin que celles de Fontenay près Paris est un fait qui frappe tout le monde, le savant comme l'ignorant, et qui n'auroit échappé qu'à MM. Henri et Parmentier; 3° La décoction dés roses de Provins est restée transparente ; celle des roses de Paris s'est troublée. Il y a donc une combinaison, différente ou plus intimé entre les principes des roses de Provins; 4° Le dépôt, opéré dans ces décoctions par l'alumine précipité par la potasse , étoit d'égale pesanteur y mais celui des roses de Paris étoit d'un vert-jaunâtre terreux: celui des roses de Provins étoit d'un vert superbe, et qui n'a rien perdu de sa beauté par la dessication; ce qui annonce, dans ces dernières, des substances plus pures, plus élaborées; et d'une nature très-différente de celles de Paris; 5.° M. Parmentier dit que M. Henri a trouvé, dans l'analyse dés deux sortes de roses, du tannin et de l'acide gallique en quantité égale, et M, Cadet a démontré qu'il ne s'y trouve pas de tannin; 6.° La teinture de ces fleurs par l'alcohol a donné des différences très-martpiées.; La teinture des roses de Provins a pris un rouge plus vif : mêlée avec de l'eau, cette teinture est devenue laiteuse; celle de Paris s'est simplement troublée très-légèrement. M. Cadet dit qu'il n'a employé, dans cette expérience, qu'un gros et demi de rosés. Devoit-on attendre des différences aussi prononcées sur une aussi petite quantité de roses employées ? Cet état laiteux annonce la présence d'une résine abondante, dont il paroit que les roses de Paris sont dépourvues: or, on sait que les principes résineux ont des propriétés plus énergiques. Ce principe résineux et pur, et cet arôme, qui dominent dans les roses de Provins et qui manquent à celles de Paris, suffiroient seuls pour expliquer les vertus supérieures qu'on a reconnues de tous temps dans celles de Provins; mais l'acide développé que contiennent les rosés de Paris, et le principe terreux que l'analyse y découvre, Spnt de plus des imperfections qui les rendent d'autant inférieures à celles de Provins. C'est cet acide qui donne aux oses sèches de Paris un rouge vif et clair, et qui leur conserve plus long-temps leur couleur. Celle des roses de Provins est d'un rouge plus sombre et se perd plutôt à la garde. C'est le principe terreux des roses de Paris qui les rend moins propres à faire la conserve sèche. Nos roses manquant à nos pharmaciens qui la préparent, ils ont tenté de se servir de celles de Paris. L'usage est de mêler à cette conserve sèche un peu d'acide sulfurique qui leur donne une belle couleur rouge ; mais, en employant les roses de Paris, on ne peut obtenir qu'un rouge terne et terreux.
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